| | | | | | Requiem for a dream, de Darren Aronofsky 1h50 – Etats-Unis - 2000 VO attention aux horaires ! Sortie à Paris : 21 mars 2001 Avec Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans, … Quelle claque ! Des films pareils, le cinéma américain n’en génère pratiquement plus. Requiem for a dream est une fiction qui n’a pas froid aux images à raconter une triple descente aux enfers. Celle, d’abord, de Sara Goldfarb, une ménagère fantasque qui, en prévision de son invitation dans une émission télé, suit un régime drastique pour rentrer dans ses vieilles robes. Un régime à base d’amphétamines. Son fils et sa petite amie s’enfoncent eux aussi dans la dépendance, absorbant des substances de plus en plus dévastatrices pour le corps et l’esprit… Trois personnages pour une trajectoire identique. Porter à l’écran des romans cultes aux univers déjantés est toujours un exercice délicat. Darren Aronofsky a relevé le défit avec succès en adaptant Retour à Brooklyn, de Hubert Selby Jr., dans un film aussi fascinant que repoussant. Le réalisateur prouve que son film est tout, sauf un objet esthétisant. Rarement dépendance aux stupéfiants aura été décrite de façon aussi réaliste. Requiem… est un film coup de poing, scénaristiquement passionnant et visuellement étourdissant. | Little Senegal, de Rachid Bouchareb 1h38 – France – 2000 VO Sortie à Paris : 18 avril 2001 Avec Sotigui Kouyate, Roschdy Zem, Sharon Hope, Karim Koussein Traoré, … Passionné par l’histoire de son peuple, Alloune – guide à la Maison des Esclaves de Gorée – décide de partir en Amérique à la recherche des descendants de ses ancêtres, déportés comme esclaves, il y a deux siècles. Des plantations du Sud à Little Senegal, un quartier africain de Harlem, Alloune remonte jusqu'à une lointaine cousine, Ida, qui ignore tout de son passé. Guidé par son idée de réunir sa famille par-delà les siècles et les frontières, et à travers son idylle naissante avec Ida, il croise les chemins de son neveu Hassan, chauffeur de taxi clandestin, de sa fiancée Biram, d’Eileen, de Karim prêt à tout avec Amaralis pour obtenir sa carte verte… alors qu’apparaîtront toutes les contradictions et les conflits entre l’Amérique Noire et l’Afrique Noire. Le cinéaste algérien de Bâton Rouge aborde ici un sujet délicat, casse-gueule et quasiment jamais traité au cinéma. Du Sénégal à Harlem, il explore les conséquences de l’esclavage chez les Afro-Américains, la perte de leurs racines et l’émergence d’un nouveau racisme dans cette communauté noire new-yorkaise envers les nouveaux immigrants africains. Ce film est une œuvre salutaire, dont on retiendra l’engagement du réalisateur, la chaleur des acteurs et la force du message. | Roberto Succo, de Cédric Kahn 2h04 – France – 2000 Sortie à Paris : 16 mai 2001 Avec Stefano Cassetti, Patrick Dell’Isola, Isild Le Besco, Viviana Aliberti, … 1981. Deux corps mutilés sont retrouvés dans un petit appartement de Mestre, près de Venise. Cinq ans plus tard, sur la Côte d’Azur, Léa, une jeune lycéenne, noue une idylle avec Kurt, un étrange garçon qui se dit américain malgré un fort accent italien. Kurt a des réactions étranges, une imagination débordante et change sans cesse de voiture. Les vacances finies, Léa rentre chez elle en Savoie. Bientôt, Kurt vient la retrouver. Ils se revoient régulièrement. Pendant ce temps, autour d’un axe reliant la Côte d’Azur à la Savoie, sont perpétrés des meurtres, cambriolages, viols et agressions en tous genres. La police ne parvient à trouver aucun lien ni aucune cohérence dans l’ensemble de ces méfaits. Il s’agit probablement de l’œuvre d’un fou… Quelques éléments du parcours authentique d’un parricide italien échappé de l’asile et venu commettre divers crimes en France. Difficile de faire un film sur un homme qui tue sans raison. Cédric Kahn expose le paradoxe de la folie meurtrière sans l’expliquer. Et cela sans partis pris, ni préjugés. Une œuvre passionnante, à la fois rigoureusement objective et traduisant à merveille la dimension fascinante de son sujet. Présenté au Festival de Cannes en compétition officielle. | 15 août, de Patrick Alessandrin1h30 – France – 2000 Sortie à Paris : 18 avril 2001 Avec Richard Berry, Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin, Mélanie Thierry, … Pour le week-end du 15 août, Max, Vincent et Raoul rejoignent leurs petites familles en vacances à La Baule. Là, une surprise attend les trois maris puisque leurs femmes, lasses de quinze jours de mauvais temps à s’occuper de la maison et des enfants, ont déserté l’endroit pour se prendre un peu de repos… Patrick Alessandrin a demandé à son épouse et coréalisatrice d’Ainsi soient-elles, Lisa Azuelos-Alessandrin d’écrire le scénario de son deuxième film, 15 août. Ce tandem féminin-masculin est la clé de la réussite de ce film. Grâce au regard sans complaisance et ironique d’une femme sur trois hommes livrés à eux-mêmes et à la direction d’acteurs d’un homme forcément solidaire de ses congénères, on se retrouve devant une comédie qui sait être tendre sous les sarcasmes, vraie sous la caricature et efficace sous le rire. L’autre point fort, c’est la formidable partie de ping-pong que se livrent un trio d’acteurs en apesanteur, terriblement complices et complémentaires à l’écran. C’est un véritable régal de les voir dans la peau de ces trois branquignols au cœur bancal, qui ont l’air, soudain, d’apprendre la vie. En attendant les vacances, ça fait un bien fou ! |
Dernière modification : 29 mai 2002 |
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