| | | | | | Va savoir, de Jacques Rivette 2h25 – France – 2001 Avec Jeanne Balibar, Sergio Castellito, Marianne Basler, Jacques Bonnaffe, … Sélection officielle du festival de Cannes 2001 Une actrice de théâtre, de retour à Paris pour une tournée européenne, recontacte son ancien compagnon. Elle fera la connaissance de sa nouvelle maîtresse, et lui présentera son ami, metteur en scène de la pièce qu’elle interprète. Ce dernier, sentant sa compagne perturbée par ces retrouvailles, tentera le tout pour le tout afin de garder son égérie, non sans avoir, de son côté, échappé de justesse à la tentation. Un film de Rivette croustillant et brillant. Va savoir baigne dans un doux courant de bonne humeur et de finesse dans lequel les psychologies, un peu particulières, étincellent de mille fantaisies et petites trouvailles, simples et souvent auto-dérisoires. Le théâtre, toile de fond maîtresse du film, parvient à donner une dimension au jeu des acteurs et à l’évolution des relations des personnages, qu’ils incarnent avec une jubilation certaine (parfait Sergio Castellitto et superbe Jeanne Balibar). Un agréable moment plein de coquetterie intelligente. | The Pledge, de Sean Penn 2H03- Etats-Unis- 2001 avec Jack Nicholson, Robin Wright Penn, Benicio Del Toro, Vanessa Redgrave, Mickey Rourke… Sélection officielle du festival de Cannes 2001 Jerry Black, inspecteur de police, est à 6 heures de la retraite. Une fête est organisée par ses collègues qui se sont cotisés pour lui offrir un voyage au Mexique ; son rêve. Mais Jerry apprend que deux de ses coéquipiers s’apprêtent à enquêter sur une affaire particulièrement horrible : le viol et l’assassinat d’une fillette. Abandonnant impulsivement ses projets de vacances, il se joint à eux pour une dernière enquête. Face à la détresse des parents et en désaccord avec les conclusions de ses collègues, il va jurer sur le salut de son âme de retrouver l’assassin. Promesse qui bouleversera le cours de sa vie… Troisième film de Sean Penn en tant que réalisateur, The Pledge est un brillant polar et bien plus que ça : un drame humain sur l’engagement poussé à son paroxysme, jusqu’à l’obsession. Sondant avec finesse les personnalités ambiguës, Sean Penn démontre son sens inné de l’image par une mise en scène épurée dans des séquences d’une grande intensité d’émotion et de beauté. Nicholson y est bouleversant et prouve à ceux qui ne le croyaient bon que dans les extrêmes, toute la subtilité et l’étendue de son jeu. Un film percutant dont l’imaginaire reste longtemps en mémoire. | Comment j’ai tué mon père, d’Anne Fontaine1h40 – France – 2001 Avec Michel Bouquet, Charles Berling, Natacha Régnier, Stéphane Guillon … Fils d’un médecin de province, Jean-Luc Borde est devenu l’un de ces spécialistes anti-vieillissement que les managers stressés et les bourgeoises mûres s’arrachent à prix d’or. Tout lui réussi jusqu’au jour où Maurice, père indigne et oublié, revient brutalement dans sa vie. Le vieil homme qui ne manifeste aucun remord ni regret, va faire voler en éclats le bonheur trompeur et artificiel de son fils. Après le succès de Nettoyage à sec, le nouveau film d’Anne Fontaine est un intrigant et savoureux portrait de famille porté par des acteurs sincères et irréprochables. Michel Bouquet, de retour au cinéma, s’impose comme un maître à jouer dans une interprétation magistrale d’un personnage ambigu et mystérieux. Charles Berling, désemparé et odieux, tient ce qui devrait rester l’un de ses meilleurs rôles. Quant à Natacha Régnier, sa métamorphose en bourgeoise froide et réservée est tout bonnement surprenante et magnifique. Des dialogues riches de sens par Jacques Fieschi (scénariste de Pialat et Sautet) et une intrigue qui échappe à tous les clichés de la psychologie Un film passionnant, acerbe, qui en explore avec justesse la complexité des rapports père-fils. | Le Vieil Homme et la mer, de Alexandre Petrov 0h50 – Russie-Canada – 1999 Oscar du Meilleur Court-Métrage d’animation et Grand Prix du festival International du Cinéma d’Animation d’Annecy en 2000 Dessin animé à partir de 7 ans Santiago, un vieux pécheur cubain n’a ferré aucun poisson depuis quatre-vingt-quatre jours. Laissant son jeune ami Manolin : le seul qui croit toujours en lui, il décide de partir en mer, très loin sur le Gulf Stream, en quête de la prise qui lui vaudra à nouveau l’estime de ses pairs. Précédé de La Vache, film d’animation du même auteur, et d’un court documentaire sur Hemingway, cette adaptation de l’œuvre d’Hemingway est un petit chef-d’œuvre poétique, notamment par la technique spécifique de l’auteur, peinture avec les doigts sur des plaques de verre. Récompensé par deux fois, ce film témoigne de la force esthétique du cinéma d’animation russe dont Petrov est l’un des maîtres. Un programme pour le plaisir des yeux et de l’esprit. | No Man’s land, de Danis Tanovic1h38 – France - Bosnie– 2001 Avec Branko Djuric, René Bitorajac, Georges Siatidis… Prix du meilleur Scénario au festival de Cannes 2001 1993, en pleine guerre de Bosnie, un bosniaque, Ciki et un serbe, Nino, se retrouvent par hasard dans le no man’s land : entre les deux lignes de front ennemies, avec au milieu d’eux, un blessé immobilisé sur une bombe. Pendant que ces trois hommes en sursis essaient d’imaginer une solution à leur situation, le monde s’agite autour d’eux. L ’ONU rechigne à intervenir, un casque bleu va désobéir aux ordres de ses supérieurs pour les aider et les médias partent sur place… L’un des films les plus marquants du dernier festival de Cannes. Un premier film bosniaque, qui parle du conflit de l’ex-Yougoslavie avec un humour insolent, une ironie acerbe, renvoyant tous les camps –et l’ONU- dos à dos. Danis Tanovic, ancien responsable des archives de l’armée bosniaque, signe, un magnifique film humaniste, politique, qui dénonce avec justesse l’absurdité de cette guerre. |
Dernière modification : 29 mai 2002 |
|
|
|