Je rentre à la maison, de Manoel Oliveira

1h30– France- Portugal – 2001

Avec Michel Piccoli, Catherine Deneuve, John Malkovich, …

 Sélection officielle du festival de Cannes 2001

Gilbert Valence, un acteur vieil célèbre, tient le rôle de Bérenger Ier dans Le roi se meurt. Un soir, alors que sous les rires, la représentation s’achève avec succès, deux hommes en coulisse s’apprêtent à lui annoncer la mort de sa femme, sa fille et son beau-fils.  Le temps passe et face au deuil, Gilbert Valence s’est reconstruit une vie articulée autour de deux préoccupations majeures : son travail et son petit-fils…

Manoel Oliveira, doyen du cinéma et réalisateur exigeant, nous offre ici  un portrait lumineux, où la mort, la vieillesse, sont abordés avec pudeur et légèreté. L’interprétation de Michel Piccoli, non moins talentueuse,  parvient à nous faire partager, avec une vivacité et une malice d’enfant alerte, les petits riens et grands moments de la vie  d’un homme.

Un vrai moment de grâce. 

 

Des Animaux fous, fous, fous, de Janis Cimermanis, Nils Skapans et Dace Riduze.

 43 mn – Lettonie – 2000- Dessin animé                                  

 Programme composé de 7 films d’animations venus de Lettonie : Le Studio cinéma de Janis Cimermanis ; Le Bébé oiseau, Des Trous dans la maison, Bonjour les sauvages, Le Voleur, Au petit matin de Nils Skapans ; La Tête à l’envers  de Dace Riduze.

La réputation des pays baltes en matière de cinéma d’animation n’est pas usurpée ! Ce troisième volet  de la série distribuée en France le prouve. Destiné aux tout –petits, ce programme renouvelle le charme, la naïveté et l’humour bon enfant des films précédents. Collaboration entre un tigre et un bébé oiseau en vue de retrouver les parents de ce dernier, conflit entre raton laveur et pivert, âne asociale et taupe irascible…

 Les mésaventures de ces Animaux fous, fous, fous, réalisées dans un esprit absurde qui rappelle les « Wallace et Gromit », sont terriblement humaines et  réjouiront aussi bien les enfants (à partir de 4 ans) que les parents.

 

Queenie in love, de Amos Kollek

1h38 – Etat-Unis – 2001         VO

Avec Valérie Geffner, Victor Argo, Louise Lasser, …

Sélection Quinzaine des réalisateurs  festival de Cannes 2001

A vingt-quatre ans, Queenie travaille auprès d’enfants en difficulté et préfère les immeubles déglingués de l’East Village, dans Manhattan, à la luxueuse propriété de ses parents. Excentrique, toujours prête à jouer la comédie dans la vie, Queenie parie avec son fiancé qu’elle n’a besoin que d’un mois pour devenir actrice. Un mois passe, et son seul rôle lui a été confié par son psychanalyste, qui souhaite qu’elle redonne un peu de joie de vivre, en le séduisant,  à un de ses patients : Horace, ex-flic sexagénaire atteint d’un cancer. Entre son travail et ses doutes amoureux cette rencontre va prendre  de plus en plus de place dans sa vie…

Après Fast food , fast women , ce nouveau film d’Amos Kollek  est une comédie acide et fantasque, pleine de rebondissements cocasses, de personnages plus déjantés les uns que les autres, mais aussi de moments très émouvants. Valérie  Geffner, ici dans son premier grand rôle crêve l’écran et envoûte les spectateurs par son énergie.

 

Loin, d’André Téchiné

2h – France – 2001

avec Stéphane Rideau, Lubna Azabal, Mohamed Hamaidi, Yasmina Reza, … 

Trois personnages dont les destins se nouent et se dénouent à Tanger.  Serge, chauffeur routier chargé du transport de vêtements entre la France et l’Afrique, qui va céder à la tentation du trafic de drogue. Sa maîtresse, Sarah, une jeune femme  brisée par la mort de sa mère et qui hésite à abandonner la pension familiale pour commencer une nouvelle vie au Canada. Enfin, Saïd, dont le seul rêve consiste à fuir clandestinement le Maroc pour l’Europe.

Autour d’eux une ronde de personnages croqués avec humour : James, un vieil anglais homosexuel, qui s’est ruiné au Maroc, Emily, écrivain et belle sœur de Sarah, François un jeune cinéaste qui prépare un film…

 Renato Berta, chef opérateur, capte toute la beauté de Tanger. Romanesque et documentaire, irrigué par une intelligence profonde de « la fragilité des affaires humaines »et du désir  qui lie ses protagonistes,  Loin est un des films les plus accomplis de Téchiné. Le plus ample et le plus limpide.

 

L’Anglaise et le duc, d’Eric Rohmer

2h05 – France – 2001

Avec Jean-Claude Dreyfus, Lucy Russel, François Marthouret … 

Crace Elliot est une écossaise royaliste. Le duc d’Orléans, cousin de Louis XVI, est quant à lui, entièrement acquis aux idées révolutionnaires. Pourtant, leurs combats idéologiques ne les empêchent pas de s’apprécier, bien au contraire. Une immense amitié, aux relents d’amour platonique,  qui permet à Grace, en ces temps révolutionnaires douloureux, de trouver une paix intérieure. Elle parvient même à   persuader le duc de sauver un proscrit, mais non à le dissuader de voter la mort du roi.. ;

Après  Perceval le Gallois  et  La Marquise d’O , Eric Rohmer signe une troisième splendide fresque historique, inspiré des Mémoires de Grace Elliot.  Le réalisateur arrive une nouvelle fois à sonder les âmes et les cœurs, au travers de dialogues merveilleusement surprenants et linéaires.  La beauté des décors, reconstitués grâce à de superbes tableaux peints par Jean-Baptiste Marot, ne peut qu’émouvoir.  Un grand film politique contemporain et une œuvre d’art magnifique.

Dernière modification : 29 mai 2002